Créer un nouveau blog :

A propos de ce blog

Nom du blog :
achermizrahi
Description du blog :
Acher MIZRAHI Hazan - Professeur de chant 1890-1967 Carrière Religieuse
Catégorie :
Blog Art
Date de création :
14.02.2006
Dernière mise à jour :
05.04.2008

RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<
· Accueil (1)
· Album Photos (6)
· Ana Behasdekha (2)
· Ana Ghriba (4)
· Azavani Dodi (2)
· Biographies (6)
· Divers (1)
· Habibi Ya Habibi (3)
· Havdalla Motze Chabat (5)
· Hazanout (2)
· Kippour (8)
· LADINO (16)
· Lamolédet Chouvi (2)
· Ma'adané Mélekh (14)
· Naguila Hallelouïa (6)
· Tehinati Chimaa Ya El (2)
· Vidéos (8)

Navigation

Accueil
Gérer mon blog
Créer un blog
Livre d'or achermizrahi
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !

Articles les plus lus

· LE DEVOIR DE TRANSMETTRE
· Habibi Ya Habibi
· Khamsika
· Naguilah Allelouïa
· Cinco Anîos Deamistad Interprétée

· Cinco Anîos Deamistad
· Biographie Par Jo Uzan et Jacques Taïeb
· 08 Et Chaaré Ratzon
· Images d'Acher Mizrahi
· Bahalil Vatof
· 10 Adir Ve Naor
· Habibi Ya Habibi Itzik Kala
· Cheva Berakhot
· Retour à Djerba
· Habibi ya habibi Paroles

Voir plus
 

Statistiques 88 articles


Derniers commentaires

a cet androit mnt y a un grand bazard d'artisanat a houmt souk tout en face du cafee ben yedd...
(Voir la suite)
Par toumi, le 28.07.2008


très belle chanson. les autres aussi, en véritélien vers mon blog...
(Voir la suite)
Par Camus, le 16.10.2007


quelle joie d'entendre des airs qui ont bercés ma jeunesse actuellement je vis en corse et il est tres diff...
(Voir la suite)
Par bueno, le 29.03.2007


je recherche les paroles en langue arabe de la chason "hamati" traduction de la chanson en espagnol "me suegra...
(Voir la suite)
Par Acher, le 11.07.2006


saluuu! jsuis tombé sur ton blog par hasard jle trouve pluto sympa, jen profite pour vous faire découvrir un...
(Voir la suite)
Par juli, le 17.04.2006


RSS


Mots clés de la page : piyoutim tunisien ·
Blogs et sites préférés

· amezrahi
· ma'adané mélekh
· présentation d'acher mizrahi
· biographie


Biographies

Jewish music web centre

Posté le 24/03/2008 à 12:00 par achermizrahi


--

Thesaurus of Jewish music

Posté le 24/03/2008 à 12:00 par achermizrahi

LE DEVOIR DE TRANSMETTRE

Posté le 24/03/2008 à 12:00 par achermizrahi

Alain CHEKROUN

LE DEVOIR DE TRANSMETTRE
dimanche 18 mai 2003, par Pascal Jaussaud

Des grands concerts qu'il a donnés récemment - le Concert pour la Paix, à Montpellier, ou la soirée dédiée à Cheikh Raymond, à Paris -, Alain Chekroun retient les moments de partage avec les musiciens, de communion avec le public. Sa vocation de chanteur, il la doit à son besoin de transmettre, à son devoir de maintenir une tradition familiale et religieuse. Héritier, maillon, il est à sa place, au sein d ?une génération qui a le souci de recueillir la mémoire musicale d ?une communauté pour que les plus jeunes n'oublient jamais le message de paix légué par leurs prédécesseurs.

Alain Chekroun : Les musiques étaient mêlées, puisque l'on empruntait au voisin ses traditions musicales. Elles n'appartenaient à personne. Elles étaient tellement populaires, que nous ne connaissions plus leurs véritables origines. Ainsi, nos textes sacrés étaient chantés sur des musiques profanes orientales. Le travail de Cheikh Raymond Leyris était bien évidemment important dans ce patrimoine. Il n'était pas le seul, mais il a fait connaître ces musiques en les diffusant énormément et en faisant reconnaître l'union entre Juifs et Musulmans. Et la musique a contribué à faire entrer le peuple dans les synagogues, les églises et les mosquées. C'est ce qui fait la spécificité de notre culture musicale, différente de celle pratiquée dans d'autres régions, d'autres pays. Pour moi, c'est cela, la mémoire juive régionale. Des influences extérieures à la ville étaient également présentes. Mon grand-père était allé écouter un paytan célèbre, à Tunis, en 1935. Le rencontrer et chanter avec lui justifiaient le voyage. C'était


Asher Mizrahi,



un homme né à Jérusalem, exilé en Tunisie. Il dirigeait la communauté tunisienne et a écrit plusieurs poèmes liturgiques. Il a apporté beaucoup à la tradition des piyoutim. On connaît beaucoup de poèmes écrits par des grands maîtres. Les hébraïsants peuvent facilement identifier l'auteur d'une poésie, car la plupart du temps, ces poèmes ont un acrostiche qui révèle le prénom de leur auteur. Ces acrostiches donnent parfois aussi le lieu de résidence du poète, son surnom ?

Biographie Par Jo Uzan et Jacques Taïeb

Posté le 28/02/2008 à 12:00 par achermizrahi
UN GRAND MUSICIEN A TUNIS
ACHER MIZRAHI
ACHER MIZRAHI, un nom bien connu de tous les vieux Tunisiens... ! D’où venait donc ce renom... ? Et en quoi la carrière, l’inspiration poétique et musicale de cet auteur et interprète semblent-elles trancher, comparées à celles de ses nombreux collègues musulmans ou juifs ?

A ces interrogations fort simples, le présent travail cherchera modestement à fournir quelques réponses.
NOTES BIOGRAPHIQUES :
ACHER SIMON MIZRAHI naquit vers 1890 à Yernin Moché (Jérusalem) dans une vieille famille sépharade, installée en terre sainte depuis plusieurs générations. Il épousa en 1907 Rachel Alcheikh. Les années 1910 et 1911 furent marquées par la naissance de ses deux premières filles Rebecca puis Sarah.

Comme beaucoup de jeunes juifs du Levant de l'époque, il envisagea d'émigrer en Amérique, et se retrouva à Tunis en 1911-1912 à la suite de circonstances fortuites...

Dès son arrivée, ACHER MIZRAHI fit sensation comme chantre à la synagogue dite Slat Gattit, au cœur de la vieille Hara de Tunis ; il s'établit alors durablement dans la Capitale Tunisienne ou naissaient, en 1913 et 1916 deux autres enfants Judith et Isaac. Il y connut surtout un succès grandissant comme chanteur et compositeur (profane) arabe où son style musical dit « Chami » (Syrien.) surprit et ravit musulmans et juifs.

L'année l marqua le début d'un va et vient entre la Tunisie et la Terre Sainte où ACHER MIZRAHI se réinstalla en 1927, d’une manière apparemment durable avant de repartir vers Tunis en 1929. Commença alors dans cette ville une féconde carrière de chanteur et compositeur (profane) : Durant la décennie 1930, ACHER MIZRAHI composa plus de 200 chansons dont il écrivit également les paroles. Nombre de ces chansons furent composées avec la collaboration de Bachtarzi Mohieddine qui de nationalité Algérienne pouvait seul déposer les Droits auprès des instances compétentes Françaises...Ces années 30 furent aussi celles des voyages en Europe pour des enregistrements auprès des Sociétés Pathé, Columbia, Gramophone...et autres.

Les années 40-45 ACHER MIZRAHI changea quelque peu de registre en adaptant des textes hébraïques ou judéo-arabes sur des airs populaires arabes de sa composition ou non, sans jamais négliger ses activités de Chantre.
Le 5 Juillet 1967 comme beaucoup avant lui, il émigra en Israël. Il y mourut le 29 Octobre de cette même année. La boucle était bouclée, après une existence en grande partie passée en Tunisie.
UNE ACTIVITE ECLECTIQUE
Dans la galaxie musicale Tunisienne traditionnellement féconde et talentueuse, ACHER MIZRAHI occupe une place particulière :

• Par la bivalence de son inspiration, celle du Machreq de sa jeunesse celle du Maghreb où il fit carrière, tout en restant largement fidèle aux modes « Orientaux »
Bivalence également linguistique, la veine poétique de notre auteur s'épanchant aussi bien en hébreu qu'en arabe
A ses débuts, ACHER MIZRAHI fut essentiellement inspiré par les modes musicaux (en arabe MAKAM) du Levant de sa jeunesse, (encore que faisant timidement leur apparition au Maghreb) : Bayati Rast, Hijaz , Kurdi, Sigah, Nahaouent, Ajem, Saba,... Puis, graduellement son long séjour en Tunisie fit qu'il s'imprégna des modes Tunisiens : Asbaïne, Rast-el-dhil, Hassine, Ardaoui (Ya nas h'melt), Mhayyer sigah (ouarrini ouejhek)...Paradoxalement, c’est souvent dans ces modes Maghrébins que furent composés certains de ses plus grands succès... !!

• Par sa double qualité de chanteur (profane) et de Hazan, alors que les deux fonctions étaient généralement séparées (même si les chanteurs à la mode ne dédaignaient pas d'intervenir dans les offices lors des grandes fêtes du calendrier hébraïque).

• Par la multiplicité de ses talents, chanteur certes, mais aussi compositeur (religieux et profane) et Instrumentiste ou « Azef »...Il jouait du Luth (Oud) à la perfection...
Poète en arabe et en hébreu, il composa et mit en musique de nombreux PIYUTIM (poèmes en hébreu d'inspiration sacrée). Il enseigna enfin le chant sacré et la poésie à OR THORA (séminaire rabbinique de Tunis)

Comme beaucoup d'autres ACHER MIZRAHI illustra la musique arabe et s'y illustra. Mais au-delà de ce constat d'évidence, il fut aussi un poète sacré, un arabisant et un hébraïsant de talent, ajoutant une touche identitaire à son art musical.
ACHER MIZRAHI DANS SON TEMPS
Son temps, ce fut la période 1930-1950
Sa carrière commença réellement lorsqu'il composa une Qina (complainte) sur un fait-divers Spectaculaire, l'assassinat le 20 Février 1930 par un soupirant éconduit, de la chanteuse juive
Habiba Msika, l’idole de Tunis, que la capitale toutes confessions confondues, porta en terre dans une ambiance d'affliction électrique (2)

Ces années trente furent dans la capitale Tunisienne extremement animées avec une vie nocturne brillante, l’essor du cinématographe, la diffusion sur Radio Tunis des airs arabes à la mode, la vitalité du théâtre Français et Arabe et surtout la multiplication des concerts Orientaux où s'illustrèrent de nombreux chanteurs et instrumentistes.. parmi lesquels on comptait nombre de juifs... (Comme Simon Benaîs, Cheikh El Afrit, Bichi Slama, Louiza Tounsia, Chouchou Slama et Raoul Journo encore actif aujourd'hui ... ; et cette liste est loin d'être exhaustive...)
On comptait aussi une pléiade de musulmans talentueux comme Hassiba Rochdi, Fethia Khaïri, Khemaïes Ternane, le maître du Malouf, et la grande Saliha...

L'après guerre, sans marquer une descente aux enfers fut moins brillante pour les musiciens et chanteurs juifs : l'occidentalisation éloignait de nombreux jeunes de la musique arabe, l'atmosphère sociopolitique devenait plus lourde et surtout la vitalité nouvelle des instrumentistes et chanteurs musulmans mettait fin à la position « dominante » qu'occupaient Les juifs, sans qu'il n’y ait jamais eu de monopole de ces derniers. ¬Surtout la renaissance du plain-chant andalou après la fondation de l'institut musical de la Rachidia affinait le goût d'une partie du public faisant reculer la facilité dans laquelle se complaisaient certains chanteurs populaires musulmans ou juifs avec force roucoulements languissants abus des Layali (1) des ritournelles...
UNE ŒUVRE POETIQUE ET MUSICALE ORIGINALE
Pendant deux, voire trois décennies les chansons composées par ACHER MIZRAHI connurent pour beaucoup d'entre elles un grand succès. Tel fut le cas pour

Tesfar ou tetgharreb Yechoui dammek ia mahlek Min nsabek bourdgana La n'hibbek la nesbar alek Habbitek ou habbitini Nezha ouenghanni
Ya aîni'l asmar ma bennou Tounchoudni alech nhobbek
YA NAS H'MELT
Certaines comme Ya nas h'melt continuent d'être interprétées et enregistrées de nos jours... !

Une des originalités de notre chanteur-compositeur fut aussi de faire chanter certaines de ses œuvres par d'autres: c'est ainsi que Ana nejrah ou ma n'daouich fut interprétée par la talentueuse Fathiya Khaïri et Ya nas h'melt par El Afrit...

A partir de 1939, i1 devint possible aux non-Français de déposer leurs œuvres auprès de la SACEM et ACHER MIZRE1HI fut, la même année, l'un des premiers étrangers à devenir membre de la SACEM. Le flou qui existait avant 1939 fit cependant que nombre d'œuvres d'ACHER MIZRAHI furent «piquées » par d'autres ... Ce fut le cas notamment pour les célèbres Ya nas h'melt et Tesfar ou tetgharreb.

Autre originalité, l'éclectisme des thèmes abordés dans les chansons (profanes) en Arabe ACHER MIZRAHI a en effet abordé d'autres thèmes que celui, figé, de l'être aimé, être désincarné, soigneusement dérobé et souvent inaccessible. Il s'intéressa à de menus faits de société comme les rapports entre une belle-mère et sa bru Hmati alayya, L’infidélité des amis : Tesfar ou tetgharreb ou les ravages du temps sur une vieille coquette Ya hasra kif kount sghira. Plus tardivement il adapta sur une chanson égyptienne en vogue, Ya Otomobil, un texte célébrant la renaissance de l'Etat Juif
Ce fut d'ailleurs semble-t-il une tendance assez fréquente, chez les chanteurs juifs de l'entre deux guerres, de se distancer du thème unique de l'amour contrarié ou non, pour cultiver d'autres genres...
0


Que retenir au terme de ce bref parcours sinon qu'au temps où « Tunis chantait et dansait »(2) surtout dans l'entre deux guerres colonial, ACHER MIZRAHI, comme d'autres, sa partition mais il fut beaucoup plus qu'un simple exécutant par l'éclectisme de ses activités la variété de son inspiration son incessant va et vient entre l'Arabe et la langue de la Bible.

Mai 2001

Jacques Taïeb Agrégé de Sciences sociales
Joseph Uzan Agrégé de Mathématiques


Par Acher Mezrahi

Posté le 28/02/2008 à 12:00 par achermizrahi
Para kiridos Papa Acher y Nona Rahel



Depuis son décès il y a 36 ans, je tenais à rendre honneur par cette biographie à mon grand père Acher, figure emblématique du judaïsme Tunisien, qui a illuminé la vie de la communauté juive de Tunis par sa voix, ses mélodies aux accents proche-orientaux, son humour, son affabilité et ses rapports cordiaux avec toutes les autres communautés.
1) Je suis sur que cela aurait fait plaisir de leur vivant à mon père Isaac et à mes tantes Rébecca, Sarah et Judith qui avaient tant d’admiration pour leur père.
2) Je tiens à remercier mon cousin Yacov ASSAL (Producteur de Télévision à Kol Israël) et mon oncle Jo UZAN (Professeur agrégé de mathématiques) pour les recherches effectuées et la reconstitution précise de la saga familiale des Mizrahi, ainsi que pour leur obstination à veiller à l’héritage culturel que nous a laissé Acher Mizrahi.
3) Merci à feu Maître Charles HADDAD ancien président de la communauté juive de Tunisie pour avoir aidé le 28 Juillet 1967 mes grands parents à regagner dans les meilleures conditions leur terre natale après 50 ans d’exil.
4) Merci aussi aux Rabbins et Païtanim Gérard HABABOU, Bébé FITOUSSI, David MESSAS, Jacky BRAMI et tant d’autres qui perpétuent jusqu’à aujourd’hui ce que leur a enseigné leur professeur de chant Acher Mizrahi.
J’espère que les textes qui suivent et les illustrations feront plaisir à tous ceux qui l’ont connu et ne l’ont toujours pas oublié.


Acher fournit une nourriture excellente
il fournira les mets délicats des rois
(Genèse XLIX,20)

Biographie Par Yaacov Assal

Posté le 28/02/2008 à 12:00 par achermizrahi
ACHER SHIMON MIZRAHI
1890-1967


Mon grand-père Acher Shimon Mizrahi (Acherico) est né dans la vieille ville de Jérusalem en 1890, fils d' Isaac (Sahouka) et de Vida née Alhadeff, originaire de Rhodes. Son père, le rabbin Isaac Mizrahi, était célèbre pour ses connaissances de la Kabbale, et aussi connu pour être toujours entouré de nombreux disciples.
Au début du siècle dernier, ses parents décidèrent de quitter la vieille ville de Jérusalem pour s'installer dans le nouveau quartier, en dehors des murailles, Yemin Moché. Ils bâtirent, leur nouvelle maison, en face de la synagogue séfarade et un four qui devint pour les habitants, le lieu où l'on venait faire cuire leurs "Bisquotchos" (petits gâteaux secs), leurs "Bouriquitas" (gâteaux salés au fromage ou au épinard), et le "Hamine" du chabbat.
Acher Mizrahi, était Hazan, chanteur et joueur de luth. Il avait une belle voix et était un musicien doué. Il brodait également des sacs pour le talith, et les Parokhots (rideaux pour l'Arche Sainte). Il se maria très jeune avec Rahel, fille d'une famille les plus connues de Jérusalem, la famille Alcheikh.
Pendant la guerre des Balkans (1912-1913), l'armée ottomane mobilisa les jeunes juifs pour le service militaire. Devant le nombre important de morts, certains Yerosalimitains décidèrent de quitter le pays ou de se cacher.
C'est ainsi que le rabbin Paligel, de Jérusalem, aida Acher à quitter le pays pour La Valette, dans l’ïle de Malte muni d'une lettre de recommandation pour le Grand Rabbin de la ville. C'est déguisé en ouvrier qu'Acher quitta la Palestine sur un cargo transportant des oranges. La petite communauté de Malte, n'avait pas besoin d'un autre chantre, et on le dirigea vers la grande Kéhila de Tunis où "Baba Dany" l'aida à s'intégrer. Acher rencontra une communauté dynamique où il fut tout de suite très bien accueilli. Un an plus tard, son épouse Rahel et ses deux filles, Rebecca et Sara, vinrent s'installer à Tunis.
"L'homme à la voix d'or" de Jérusalem conquit d'abord les Juifs de Tunis et puis ceux de toute la Tunisie. Il leurs enseigna l'amour de Sion et des chants sur Jérusalem. En 1915 et en 1916 naquirent Judith et Isaac.
En 1919, au lendemain de la déclaration Balfour et après la fin de la première guerre mondiale l'espoir de voir renaître l'Etat juif sans cesse grandissait. L'appel du pays, et la grande famille laissée en Palestine, décidèrent Acher Mizrahi de revenir à sa ville natale Jérusalem. Il y retrouva, son quartier de Yemin Moché avec le célèbre moulin de Montefiore, ses géraniums, et la synagogue où il aimait chanter depuis son plus jeune âge.
Acher Mizrahi, se réintégra sans aucun problème. Il composa de nombreuses chansons en Ladino des "romances" que l'on fredonne encore de nos jours.
L'écrivain Yaacov Yehoshoua dans son livre "Enfance dans la vieille Jérusalem" le décrit ainsi: "Acher Mizrahi était le plus célèbre de tous les musiciens que connut Jérusalem. Sa renommée s'étendait même jusqu'aux villes et villages arabes. Les jeunes filles de Jérusalem, racontaient que tous, garçons et filles étaient séduits par sa beauté. Il était brun aux yeux verts et avait une voix conquérante. Contrairement aux autres musiciens qui s'habillaient négligemment, Acherico était toujours tiré à quatre épingles... Un foulard de soie blanche ou de couleur entourait toujours son cou, pour protéger sa voix. Lorsque il arrivait, tous se levaient pour le recevoir comme on le fait pour recevoir une personnalité. Il tenait son luth enveloppé dans de la soie, sous son bras. Sur de lui, il marchait tranquillement" (page 212).
En 1926 le Comité de la Grande Synagogue d'Alexandrie, l'invita. Il eut un tel succès qu'on lui demanda de s'installer en Égypte comme Chohet et Hazan. Mon grand père bien que Chohet (diplômé de Jérusalem) était trop sensible pour pratiquer la chehita. Ce qui fut la raison principale de son refus.
L'année 1929 fut celle des troubles et de l'insécurité en Palestine; Hebron, fut la plus éprouvée, et le slogan qui revenait toujours était "édbah el yaoud" (égorge les Juifs). Mon grand père avait l'habitude de porter la "chachiya stambouli" (chapeau de couleur rouge et de haute taille) comme d'ailleurs, beaucoup d'arabes; La "Hagana" lui conseilla de changer son chapeau pour qu'il n'y ait pas d'erreur. Ce que fit Acherico et qui déplut fortement à ses amis arabes, ils virent dans ce geste son appartenance aux Sionistes, pour eux "Achir" n'était plus un "Oueld el Balad" (enfant du pays). Les troubles s'aggravèrent, il y eut de nombreux morts, dont les amis les plus proches d'Acher, ce qui le convainc de retourner à Tunis.
De nombreux chercheurs et musicologues, affirment qu' Acher Mizrahi a introduit en Tunisie, l'influence Andalouse, qui eut aussi un impact sur la musique arabe tunisienne. Acher a écrit pour les plus grands chanteurs de l'époque; Il a composé et écrit plus de trois cents chansons en arabe, plus de deux cent en hébreu, sans compter ceux qu'il avait rédigés en ladino. Parmi les nombreux interprètes des années 20, la plus célèbre, fut sans aucun doute, Habiba Messika - "Habibat el Kul" "l'aimée de tous". Cette chanteuse qui fut musicienne, danseuse et surtout actrice eut une fin tragique. Son amant, Eliahou Memouni un riche commerçant de Testour, de jalousie, l'arrosa d'essence, pendant son sommeil et la brûla. On était en 1930, Habiba Messika avait à peine 35 ans.
Jessie Riahi dans son livre "Cantique pour Habiba" raconte la première rencontre entre Habiba et Acher Mizrahi:
"...Habiba se promenait avec une amie dans les ruelles de Souk El Attarine à Tunis, c'est là qu'elle rencontra Acher Mizrahi. Elle lui coupa la route et se plantant net devant lui, les yeux rieurs elle dit:
- Si Acher, voudriez-vous m'apprendre à jouer du luth?
- Mais qui es-tu donc? demanda-t-il, médusé.
- Je suis la nièce de Leïla Sfez... Comment résister? Acher Mizrahi lui enseigna donc le luth mais aussi quelques règles rudimentaires des chants et de la danse...".
Acher Mizrahi lui ouvrit le monde de la musique. Habiba Messika chantait surtout des airs égyptiens, le répertoire d'Oum Kaltsoum et de Mohamed Abdelwahab mais aussi celui d'Acher Mizrahi.
Après la mort tragique de Habiba, Acher composa, d'après ma mère, une quina (complainte) - que l'on fredonne toujours; dont voici quelques strophes:
Ya ness essmeou el ghriba Venez écouter l'impensable
Eli gara li ana Hbiba Ce qui m'est arrivé à moi, Habiba
Zit men el hkedma farhana Je suis rentrée heureuse de mon travail
Tkhelt el farchi nassanna Fatiguée J'ai été me couchait
Tkel aliya ouahad rhadar Sur moi c'est jeté un homme cruel
Rma aliya el nar Sur moi il a jeté le feu
Ma tkelouch el denia nassiana Ne dites pas qu'on oublie avec le temps
Eli amelali ma khalitouch Moi, je ne l'ai pas laissée
Ikamel el shar Finir le mois
Dans les années 30, Acher entreprit un voyage à Paris pour enregistrer des disques, avec les chanteurs Cheikh Elafrit, Chafia Rochdi, Dalila chanteuse et danseuse et le pianiste Mess'oud Habib, Sara, ma mère, l'accompagnait toujours dans ses déplacements pour s'occuper de ses affaires. La compagnie Pathé tourna un court métrage, genre de clip, avec Acher Mizrahi qui chantait et jouait du luth, alors que Mess'oud Habib jouait du piano et Dalila dansait. On projeta ce clip dans toutes les salles de cinéma de Tunis. C'est à cette époque qu'Acher Mizrahi fut accepté comme membre de la "Société des Auteurs et Compositeurs de Musique" de France (SACEM).
Dans son livre "Tunis chante et danse" Hamadi Abassi écrit que l'un des chanteurs les plus en vogue Cheikh Elafrit, doit au "compositeur-chanteur Acher Mizrahi son plus joli succès, qui restera longtemps indétrônable :"Tisfer we titgharab" (voyage et tu connaîtras le goût de l'exil)" (page 27). Je voudrais souligner le fait que même dans cette chanson arabe, écrite pour un public arabe, Acher Mizrahi parle de son pays natal. Hamadi Abassi a choisi, une citation de Marcel Proust pour décrire Acher Mizrahi: "il appartenait à la race de ces êtres moins contradictoires qu'ils n'en ont l'air, dont l'idéal est viral justement parce que leur tempérament est féminin". (page 48). Il ajoute que "Tunis découvrait les accents de sa- nouvelle voix électrique, celle qu'émettait Radio Tunis, premier poste d'émetteur privé, située Place de l'Alliance Israélite. Sur les ondes Acher Mizrahi chantait: "Atini busa min fummik yichwi dammik ya mahlak" "Iaisse-moi prendre un baiser sur ta bouche, dieu, que tu es jolie" (page 52). Cette chanson devint l'une des plus populaires en Tunisie.
Tous les lundis Radio Tunis avait une émission hébraïque d'une demi-heure à laquelle participait Acher Mizrahi. Un jour la direction de Radio Tunis reçoit une lettre du grand Rabbin de Vienne, la félicitant de l'émission en langue hébraïque. Il avait entendu Acher Mizrahi, chanter, en hébreu -"Ma yaffim aleylot" -°°que sont belles les nuits". accompagné de ses deux filles, Rebecca et Sara. Une année lorsque la fête de Chavouoth se trouva être un lundi, jour de l'émission, mon grand père refusant de chanter un jour de fête, il fut licencié.
Les enfants de Rahel et Acher Mizrahi épousèrent tous des Juifs Tunisiens. Rebecca se maria avec Elle Hassan, Sara avec Victor Assal, Judith avec Jacob Nahmani et Isaac avec Judith Uzan.
En 1993, à l'occasion du film "De Carthage à Jérusalem", que j'ai réalisé pour la télévision Israélienne, Raoul Journo, un des plus grands admirateurs d'Acher Mizrahi, parla avec beaucoup d'émotion de mon grand père. Il affirma "qu'Acher était l'un des trois grands compositeurs les plus en vogue en Tunisie à cette époque", il a même ajouté qu'il n'y avait que lui pour chanter le"Bagdadi". Raoul se souvient même que pour être admis à Radio Tunis, il choisit la chanson "Ya ness Hamelth", un des grands succès d'Acher Mizrahi.
C'est en 1946 qu'Acher Mizrahi publia chez Maklouf Nadjar de Sousse, son livre "Ma'adané Mélekh" (Genèse XLIX, 20) - "Mets délicats des rois", un recueil de ses "Pioutim" (chansons liturgiques). Dans la préface du livre, le grand rabbin de Tunisie Rabbi Haïm Bellaïche écrivait: "Ces lèvres sont des roses. Son palais des douceurs que l'on recherche du fin fond du pays et par de la les mers, pour chanter ses chants orientaux".
Acher Mizrahi fut décoré plusieurs fois. La plus importante des médailles reçues fut celle du Bey le "Nichan Iftikhar".
On peut aujourd'hui avec le recul, affirmer qu'Acher Mizrahi a mâtiné la musique judéo-tunisienne, des sons de la musique de Jérusalem. Son succès fut aussi grand chez les amateurs de musique arabe comme me l'a confirmé, récemment lors de mon séjour à Tunis, le musicologue tunisien Saleh Mahdi.
Il introduit dans ses chansons, l'amour de Sion, et l'histoire d'Israël, que ses élèves de l'école "Or Thora" de Tunis chantent encore aujourd'hui de Jérusalem à Paris, et de Londres à New York, où ils sont devenus chantres.
Dans un travail en cours sur les synagogues de Tunis, Robert Attal rappelle avoir assisté dans la Synagogue de la Rue de la Loire à une lecture hebdomadaire des Psaumes présidée par Acher Mizrahi; à l'issue de l'office du Samedi soir, Acher Mizrahi récitait de sa voix pure et chevrotante la Habdala, et cela régulièrement pendant plusieurs années. En plus des musiques qu'il composait, il avait aussi écrit des chants liturgiques en les adaptant sur de la musique arabe, surtout sur des airs égyptiens.
En février 1957, le Président Habib Bourguiba visita la "hara"le quartier juif de Tunis et l'école "Or Thora" où enseignait mon grand père. Dans son livre "Trois amours vécues" Charles Haddad, président de la communauté raconte: "Connaissant son art, je lui demandai [à Acher Mizrahi - Y.A.], de créer une chanson en l'honneur du Président Bourguiba qui visitait le q quartier juif. J'ai une photo rappelant ce passage de Bourguiba, avec le beau visage d'Acher qui avait agréablement surpris le président par la qualité de son chant et aussi des paroles, conçues dans l'arabe le plus pur, qu'Acher parlait à la perfection" (page 166).
Vn(in dans son livre "Juifs et Arabes au pays de Bourguiba" Charles Haddad décrit sa dernière rencontre avec Acher Mizrahi (lui a eu lieu à Marseille en 1967:
"Il était gravement malade mais l'ignorait. Et ses proches, qui voulaient hâter son départ, avaient rencontré des difficultés d'ordre administratif qui remettaient ce départ à une date ultérieure. Apprenant que j'étais à Marseille, le chantre fit le voyage d'Avignon pour me voir et obtenir mon intervention. Je fis fixer son départ à très proche échéance. Il m'en sut gré et, voulant m'exprimer sa reconnaissance, mit la main à la poche pour me proposer des honoraires. Je le grondai en lui rappelant notre passé commun. Puis me révisant:
- Vous pouvez me régler si vous le voulez.
- Comment?
- En me chantant quelques chants des temps heureux. - Volontiers, me dit-il.
Je plaçai devant lui magnétophone et micro qu'une amie disparue et tant regrettée, Mme Uzan, eu vite fait de me procurer, et il enregistra tous les chants qui lui venaient aux lèvres. Puis s’arrêtant, il me dit: Je vais vous chanter un chant de Kippour qui se situe à l'heure de l'évocation du sacrifice du Grand Prêtre. L'air remonte à l'époque la plus reculée, peut-être à la destruction du Temple. Je crois être l'un des seuls à le connaître encore. Et sa voix s'éleva comme la douce musique des siècles et je l'enregistrai pieusement. Il me donnera sa bénédiction et ira mourir quelques semaines après à Jérusalem, dans sa maison natale, récupérée après la guerre des Six jours" (page 152).
Acher Mizrahi revint dans le courant du mois d'Août 1967 en Israël. Il retrouva Jérusalem, trente huit ans après l'avoir quittée; Se promena dans la vieille ville entre les murailles, y rencontra d'anciennes connaissances, effleura d'une main tremblante les pierres du Kotel, revit son quartier de Yemin Moché et le moulin de Montefiore.
Hospitalisé, il entendit la veille de "Simhat Thora" les prières et les chants qui se disaient pour la première fois devant la "Porte de Jaffa", à Jérusalem qui venait d'être réunifiée. Un sourire se dessina sur son beau visage, il écoutait ces chants et ses chants
de la fenêtre ouverte, il ferma alors les yeux pour la dernière fois, dans cette Jérusalem qu'il aimait tant.
Dans le courant de l'année suivante, ma mère, eut la sage intuition, de permettre gracieusement la réédition du livre de son père "Ma'adané Mélekh".
Le "Chabath Zakhor" fut consacré cette année là à la mémoire d'Acher Mizrahi dans de nombreuses synagogues de Jérusalem avec la participation des Rabbins, Ovadia Yoseph, David Chlouch et David Guez. Le grand rabbin de Jérusalem Elihaou Pardès qui avait connu Acherico depuis sa tendre enfance, évoqua dans son discours la vie riche et pleine d'enseignements d'Acher Mizrahi. Que son souvenir soit béni.


Je voudrais enfin remercier mon vieil ami Claude Sitbon de m'avoir encouragé et aidé à faire paraitre cet ouvrage, ainsi que Robert Attal pour ses conseils précieux, et pour avoir mis à ma disposition l'ouvrage original de mon grand père.


Jérusalem Avril 2001 Yaacov ASSAL